La conduite de la vigne

Si le cépage détermine le goût fondamental du vin, ce sont les pratiques culturales qui influencent le plus profondément sa qualité. La première exigence dans la conduite de la vigne est qu'un rameau ne doit jamais toucher le sol. Si un rameau venait à toucher terre, il y prendrait racine. En l'espace de deux ou trois ans, la plupart des vignes greffées seraient nourries non plus par les racines du porte-greffe, mais par le nouveau système radiculaire, ce qui non seulement mettrait la vigne à la merci du phylloxéra, mais la partie de la vigne qui serait encore alimentée par le porte-greffe risquerait de produire des fruits hybrides.

La raison première qui impose la taille et la conduite des vignes, en plus d'éviter le phylloxéra est donc d'assurer la pureté des fruits. La manière dont la vigne est conduite détermine la hauteur et la forme du cep et lui permet donc de tirer le meilleur parti des conditions topographiques et climatiques. On peut la cultiver en hauteur pour éviter les gelées, ou près du sol pour profiter de la chaleur réfléchie par les pierres durant la nuit. On peut espacer les ceps pour laisser passer le soleil et éviter l'humidité, ou au contraire les serrer pour les protéger d'un excès de soleil.

Les modes régionaux de conduite de la vigne

Il existe deux modes de conduite fondamentaux: la conduite en guyot et la conduite en gobelet. Les vignes taillées en Guyot n'ont pas de branches permanentes, car les sarments sont coupés chaque année pour laisser les rameaux se reformer entièrement à chaque saison. Ce système donne beaucoup de fruits bien répartis et permet de contrôler aisément la production annuelle, car on peut alors diminuer ou augmenter le nombre de bourgeons à fruits. La taille en gobelet donne en revanche une solide charpente à la vigne.

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